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Texte d’orientation du congrès 2020

mercredi 12 mai 2021, par SUD Education Gers

Renforcer le syndicalisme

La construction de notre syndicat correspond à une volonté de construire une force syndicale véritablement démocratique. C’est aussi celle d’un syndicalisme de transformation sociale qui refuse de se laisser enfermer dans le consensus libéral et qui veut mettre fin à cette société capitaliste. Nous ne nous considérons pas comme un partenaire social. Cela passe par le développement de nos pratiques de terrain, par une réflexion sur notre communication et par une formation constante nous permettant de répondre aux problèmes quotidiens de nos collègues. Développer l’engagement et la syndicalisation, c’est en premier lieu se rendre plus crédibles et plus audibles. C’est aussi proposer un plan de formation sur l’année par exemple avec trois rendez-vous prévus d’une année sur l’autre. Nous avons été très présentEs au sein du collectif BlackProfs. Notre présence peut aider à déclencher des luttes sur le terrain, là où la colère est déjà là. Nous pouvons impulser ou soutenir des formes d’organisation et d’action plus dynamiques. Elle peut aussi constituer une force d’opposition collective face à la hiérarchie, pour ne pas se sentir seulE. Devenir militantE, ça s’apprend. Nous devons nous rendre plus visibles (autocollants, affiches, communiqués, drapeaux), accueillir les nouveaux / nouvelles militantEs, leur laisser de la place. C’est dans les moments de lutte (et après) que le nombre de syndiquéEs augmente. Ceci n’exclut pas de faire la tournée des établissements pour diffuser le matériel en dehors des luttes, ou de tenir des permanences. Pour se renforcer, il faut consolider le fonctionnement démocratique et le collectif. C’est parce qu’on se renforce qu’il faut être encore plus vigilantEs sur les gardes folles démocratiques : ne pas subir l’urgence que nous impose le gouvernement et la tactique défensive induite. Il faut pouvoir construire notre propre calendrier et nos modes d’actions. Le syndicat prône un « autre syndicalisme » basé sur un fonctionnement véritablement démocratique (A.G. souveraine), et une volonté farouche de changer les choses (Une autre école, Une autre société). Cette recherche de démocratie a toujours été importante. Nous établissons par exemple la rotation des déchargéEs. Mais si elle reste isolée, cette démarche épuise les camarades. Le syndicat souhaite étendre les responsabilités de chacunE : rotation au sein des instances de la Fédération, mandatement d’adhérent-es en AG pour la gestion collective des outils de communication (contenu, qu’est-ce qu’on publie ? technique, comment ça fonctionne ?) et la gestion des mails. Partager les savoirs, et donc les pouvoirs, passe aussi par les retours de mandats que donne l’AG à des adhérent-es. Cela implique de mettre systématiquement un point « retour de mandats » en assemblée générale afin de permettre aux camarades de le faire.

Lutter contre la précarité, pour l’inclusion

L’objectif étant la création d’un statut unique par la polyvalence de toutes les agentes, un avancement le même pour toutes avec la suppression des entretiens de carrière, la suppression des corps d’inspection et des postes de direction, le syndicat s’engagera dans toutes les luttes pouvant mener à cet objectif. La titularisation de tout le personnel précaire est un préalable, afin de donner notamment toute sa place à l’inclusion : baisse importante des effectifs par classe à tous les niveaux, reconstitution des réseaux d’aides, service médico-social adapté et suffisant, temps de concertation sur temps de travail pour les équipes. L’accueil des élèves allophones par l’éducation nationale est à l’image de l’accueil des étranger-es par la France. Le durcissement des lois sur l’immigration a un impact sur la scolarisation de ces élèves et de leurs familles qui sont aujourd’hui qualifié-es de « migrant-es ». Nous avons de plus en plus d’enfants de famille sans papier et à la rue, mais aussi de Jeunes isolé-e-s étranger-e-s, dans nos classes. Le capitalisme, loin d’ouvrir les frontières, souhaite une immigration maîtrisée, pour ne pas dire « choisie », en témoigne les dernières lois « asile et immigration ». Le syndicat garde pour objectif de régulariser les familles des élèves étranger.es : par la réappropriation du terme d’immigréE, par l’augmentation des espaces d’accueil et des postes de personnels pérennes et qualifiés dans ces espaces autant dans le primaire que dans le secondaire, par une durée d’accueil des élèves dans les dispositifs adaptés à leurs besoins (FLE, UPE2A), pour une orientation choisie let non subie, par l’enseignement des langues d’origine des élèves dans les établissements, par la réquisition de logements vides de l’éducation nationale pour accueillir ces familles.. La formation initiale et continue des enseignant-e-s pour l’inclusion des enfants en situation de handicap est toujours très insuffisante. Quasiment aucun temps de formation n’est prévu dans le cadre des Master MEEF concernant la prise en charge des élèves en grande difficulté ou relevant du champ du handicap. Pour les enseignant-e-s dit-es ordinaires qui accueillent des élèves à besoins particuliers, aucun temps d’échange ou de co-formation n’est prévu, pas plus qu’un temps de préparation des cours lié aux adaptations des documents par exemple. C’est pourquoi pour le syndicat, l’inclusion, pour être pleinement effective, doit être totalement repensée et avec elle l’École dans son ensemble : chaque élève doit avoir une solution de scolarisation adaptée, les familles doivent pouvoir être accompagnées sur le plan médico-social, la double inscription dans les dispositifs et les classes d’origine doit être systématiquement respectée création d’un véritable statut de fonctionnaire d’Éducateur Scolaire Spécialisé, en lieu et place des AESH, avec un salaire à l’entrée dans le métier de 1700€ nets, un temps plein avec 24h max avec élèves et le reste pour la prise en compte de tout le travail invisible (préparation, suivi, coordination, formation...), arrêt des PIAL, des moyens pour une véritable formation, des affectations respectueuses des élèves et des personnels pour les enseignant-e-s sans spécialité, du temps de co-formation, du temps de concertation, du temps dédié aux rencontres et régulations avec les familles et les différent-es professionnel-les intervenant autour de l’élève, un budget commande augmenté pour le matériel pédagogique de la classe, limitation du nombre d’élèves dans la classe, prise en compte des besoins particuliers dans la formation initiale de l’ensemble des enseignantEs, intégration des établissements médico-sociaux (IME, ITEP) aux réseaux d’éducation prioritaire.

Ancrer nos revendications dans l’actualité

La dégradation de nos conditions de travail est constante (télétravail, pression par les pairs...). Le discours du syndicat doit articuler les difficultés des collègues au quotidien avec des revendications plus générales, cette préoccupation doit être omniprésente dans nos expressions. Notre appartenance à l’Union Syndicale Solidaires doit nous permettre de nous appuyer sur son développement. Plusieurs axes sont à privilégier : l’antihiérarchie : le recours juridique ne doit pas être le seul procédé d’action. Le rapport de force est le moyen à privilégier pour gagner les conflits. Le syndicat diffusera l’idée d’aller voir les chefFEs à plusieurs. Il est fondamental que les personnels titulaires s’impliquent dans les luttes intercatégorielles. Le syndicat refuse le fichage des élèves et appelle les collègues à refuser d’émarger quand on assiste aux conseils de classe, aux réunions, aux formations. Il réaffirme également son refus d’imposer le tutorat, ainsi que la liberté et le droit de refuser les inspections/entretiens de carrière et appelle à ne pas remplir le cahier de texte électroniquement. Le syndicat combattra sans relâche les sanctions disciplinaires injustifiées, et en particulier celles s’attaquant aux droits syndicaux, droit de grève. L’autogestion doit être le modèle d’organisation que nous défendons. Le syndicat accompagnera les collègues à utiliser tous les dispositifs possibles (HIS, RIS...) non seulement pour la connaissances des droits mais aussi pour un accompagnement pédagogique. l’antisexisme : dans un secteur féminisé à 68 %, il y a une nécessité à s’adresser spécifiquement aux personnels en tant que travailleur-euse-s mais également en tant que femme, opprimée en raison de leur genre. l’écologie : le contexte de crise climatique et écologique impose à notre syndicat de prendre sa place dans cette bataille essentielle. Cela repose par exemple sur un engagement plus important dans la préparation des grèves climatiques, le développement de liens avec les organisations écologiques, du matériel de formation syndicale et pédagogique.

Émanciper au quotidien

Le syndicat prône l’autogestion des établissements, par les travailleuses elles-mêmes. Comme il est également essentiel de développer au niveau des enfants ce que nous revendiquons au niveau des adultes, le syndicat accompagnera aussi à la création de dynamiques et d’outils favorisant l’autogestion des classes par celles qui les vivent. La qualité de cet enseignement sera déterminée tout d’abord par une éducation polytechnique, antisexiste, qui deviendra le meilleur apprentissage possible de la vie privée, de la vie professionnelle et de la vie politique ou sociale. Le syndicat émet en outre le vœu que l’instruction soit considérée comme le laboratoire d’un processus d’abolition de la reproduction sociale adossée à la division capitaliste du travail, un processus sans hiérarchie disciplinaire (interdisciplinaire et transdisciplinaire), un processus qui lutte contre les stéréotypes et les inégalités, la pauvreté et les discriminations, ouvert à l’écosocialisme et critique sur un système techniciste. Pour cela, le syndicat s’appuiera sur une co-formation, sur temps de travail et en lien avec les mouvements pédagogiques émancipateurs (Troisième Type, CEMEA, ICEM, GFEN, OCCE, …), dans une dynamique de réappropriation de nos métiers. Les évaluations seront essentiellement formatives.

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